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Concubines : L’amour, mais pas la joie !

Prises entièrement en charge par leurs hommes, elles doivent fidélité et surtout obéissance à ces derniers.Le concubinage selon le Petit Larousse est l’union de fait entre deux personnes célibataires de même sexe ou de sexe différent vivant ensemble de manière stable et continue. Le concubinage est assimilé à l’adultère au regard de la religion. Toutefois, la libéralisation des mœurs a changé les donnes. La pratique est plus ou moins tolérée dans la plupart de nos sociétés. Plus qu’un phénomène de mode, plus qu’un style de vie, le concubinage est un véritable fait de société.

De plus en plus de couples optent pour l’union libre selon un choix philosophique ou financier. En Côte d’Ivoire par exemple, le concubinage a un statut et les couples le vivent au grand jour sans aucune contrainte sociale ou juridique. Dans notre pays, il est interdit par la religion, sans l’être expressément par la loi.

Le droit de la famille repose exclusivement sur l’institution du mariage. Ainsi il ne saurait y avoir de place pour un mode de vie qui n’aurait pas reçu une consécration légale. Même si le concubinage ne fait pas partie des réalités de notre pays, il y existe tout de même. Mais c’est sous une forme cachée. Ces couples sont assez discrets. Ainsi de nos jours, des citadines n’hésitent plus à s’affranchir de la tutelle parentale. C’est-à-dire quitter ses parents pour aller vivre chez un concubin.

Ces jeunes filles souvent sans ressources financières osent louer des maisons luxueuses pour satisfaire leur désir. Quelles sont les stratégies adoptées par ces filles pour faire face à leurs dépenses ? Elles soutiennent toutes qu’elles se font aider par des bonnes personnes.

Mais quelles sont ces personnes ? Ce sont en réalité des copains qui les logent, les nourrissent bref les prennent entièrement en charge. En revanche, la bénéficiaire doit obéir, être fidèle et toujours prête à servir son bienfaiteur. jouer pleinement le rôle d’épouse.

La majorité de ces filles sont obligées de jouer pleinement le rôle d’épouse. Certaines d’entre elles ont accepté de nous en parler sous le couvert de l’anonymat. Nous allons surnommer notre première interlocutrice Bébé. Elle soutient qu’elle ne supportait plus les reproches de ses parents. Lesquels ne voyaient pas d’un bon oeil ses relations avec l’homme qui la sortait. " En réalité c’est ce dernier qui m’a convaincu de partir de chez moi. Il m’a indiqué que vivre avec celui ou celle qu’on aime, sans être marié, c’est un peu comme un test, un essai de la vie à deux avant de chercher à s’engager. Sans réfléchir j’ai plié bagage. Actuellement Bébé vit dans une luxueuse villa que son homme loue pour elle. Cependant ce dernier étant marié ne pouvant pas dormir au "deuxième bureau", mais il y passait tout son temps libre. Notre interlocutrice d’ajouter qu’il arrive souvent qu’elle passe tout un week-end avec son prince charmant. Ce dernier invente des missions pour passer plus de temps avec sa compagne”.

Elle explique qu’au début de cette soi-disant vie commune qu’elle et son homme faisaient les courses ensemble, partageaient plein de choses et définissaient le budget du mois. Aujourd’hui Bébé a déchanté. "Je peux vous assurer que je regrette profondément mon acte. Malheureusement pour moi, je ne peux plus faire machine arrière. Car tous mes parents ont décidé de me bannir" dit-elle. "La meilleure chose à faire est de le quitter. Mais où aller ?. Vous voyez ma situation, je suis donc obligée de faire avec, avant de trouver mieux" lance t-elle triste.

Si au début l’amant amoureux et attentionné de Bébé faisait entièrement face aux dépenses de sa petite chérie, aujourd’hui, notre interlocutrice doit se débrouiller pour subvenir à ses besoins. Elle raconte qu’elle est obligée de se prostituer. " Pour tout vous dire, je mène une vie de débauche. Je vis une situation très difficile que je ne souhaite même pas pour un ennemi" dit-elle. Adji est une autre jeune fille qui vit le même calvaire. " Au début c’était une sorte d’essai. Je voulais savoir sans engagement comment serait ma vie si jamais je me décide à vivre avec lui convenablement. C’était une sorte de “ stage ” en attendant le jour” “ J ” dit-elle.

Cependant contrairement à Bébé, Adji vit dans une des nombreuses maisons de son amant au vu et au su des épouses de ce dernier. Le calvaire que vit notre interlocutrice est incomparable. Adji est battue par son amant et par les femmes de celui-ci. Elle est humiliée. Ce dernier pousse l’outrecuidance en emmenant ses nouvelles conquêtes chez Adji en lui expliquant qu’il est chez lui et que si elle n’est pas contente qu’elle peut aller là ou elle désire.

Ainsi notre interlocutrice est obligée de leur laisser sa chambre à coucher pour permettre à son amant et sa nouvelle conquête de se détendre. " Le problème est que je n’ose pas me plaindre au risque de me retrouver dehors" indique t-elle.

Ces brimades ne l’empêchent pas de se servir de moi lorsqu’il le désire, soupire la malheureuse. " Imaginez un peu ma douleur. Qu’est qu’il y a de pire pour une femme ? C’est de se savoir délaissée, trahie, humiliée, et trompée" dit-elle avec un regard qui en dit long sur sa souffrance.

Elle conclut qu’elle est obligée de vivre ce martyre en silence sans se fâcher, sans faire de reproche encore moins se plaindre. À l’image de ces deux jeunes filles beaucoup d’autres vivent ce martyr en silence.

Elles doivent qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Il s’agit de réintégrer leurs familles. Un père ou une mère pardonne toujours les errements de leurs rejetons.

Mariam A.Traoré

L’Essor du 12 Mars 2010.

 

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