Mme Alwata Ichata Sahi, Secrétaire régionale de l’Organisation panafricaine des femmes pour l’Afrique de l’Ouest, en cette veille de la journée panafricaine des femmes célébrée, chaque 31 juillet, s’est prêtée à cinq questions de l’Indépendant.
L’Indépendant : Nous sommes à la veille de la journée panafricaine des femmes, pourquoi la célébration d’une telle journée ?
Mme Alwata : C’est un devoir d’informer les citoyens maliens par rapport à l’Organisation panafricaine des femmes et particulièrement la journée du 31 juillet.
Cette célébration est la commémoration de la date anniversaire de notre organisation qui a vu le jour un 31 juillet 1962 au Tanganyika, actuelle Tanzanie. Elle nous est très symbolique parce qu’elle nous rappelle la lutte qu’ont menée nos mères fondatrices qui ont lutté non seulement pour l’émancipation de la femme africaine mais surtout pour aider les pères fondateurs de l’OUA, l’actuelle Union Africaine à accéder à l’indépendance. Pour nous, c’est symbolique et ça mérite d’être célébrer. C’est donc, un devoir de mémoire.
En fait de célébration, nous sommes à combien, cette année ?
Nous sommes au 48e anniversaire au plan international et 10e édition au Mali. C’est en 1974, quand le nom a changé de Conférence des femmes africaine en organisation panafricaine des femmes, que la décision de célébrer cette journée dans tous les pays a été prise.
Cette journée prend en compte les préoccupations de la femme africaine et celles des pays membres, selon le contexte du moment.
Quel est le thème de la Panafricaine de cette année ?
Le thème choisi par le siège de l’Organisation à Johannesburg en Afrique du Sud est la situation des femmes en Afrique, 50 ans après les indépendances défis- enjeux. Au plan national, Mali, sous la houlette du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, en collaboration avec notre bureau, a réfléchi sur un thème au sein d’une commission nationale d’organisation pour choisir " La Décennie de la Femme Africaine : Enjeux et Perspectives pour un Développement Durable ". Ceci entre dans la mouvance de la célébration du Cinquantenaire de l’accession de nos différents pays africains à l’indépendance.
Au Mali, dans bientôt deux mois, nous allons fêter le cinquantenaire. C’est ce contexte qui nous a guidés à choisir le thème pour réfléchir un peu, faire le bilan du parcours de la femme africaine. Qu’est-ce qui a été fait depuis les indépendances. Qu’est- ce qui reste ?
Quelles sont difficultés ? Et qu’est- ce qu’il y a lieu de faire pour l’avenir ? Par ailleurs, l’Union africaine a consacré, cette année, une décennie à la femme africaine dénommée décennie 2010- 2020. Elle sera lancée par la Commission genre de l’Union Africaine au mois d’octobre. Le Mali, pour sa part, a décidé de lancer cette décennie le samedi 31 juillet 2010, par la première dame, Son Excellence Mme Touré Lobbo Traoré au Centre International de Conférences de Bamako.
Quelles sont vos priorités actuelles ?
Notre combat a toujours été le combat pour l’égalité des chances. Que toutes les femmes aient une autonomisation quant à la prise des grandes décisions.
Qu’en est-il de l’accompagnement des autorités ?
Je dois remercier les autorités maliennes d’avoir aidé notre Organisation à aller de l’avant. C’est le Mali qui abrite le siège de l’OPF pour l’Afrique de l’Ouest et c’est le Mali qui nous aide tant au niveau fonctionnement qu’auprès des autres pays.
Quel bilan peut- on faire, à ce stade, de la promotion féminine au Mali ?
Je ne pourrais pas parler de bilan mais je donnerai mon point de vue en tant que femme malienne pour dire que beaucoup reste à faire, mais aussi beaucoup de progrès ont été réalisés. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir une multitude d’instruments, de conventions à notre disposition. Le Mali a ratifié, signé plusieurs instruments et nos autorités se sont engagées, à travers, la convention pour l’élimination de toute discrimination à l’égard de la femme à travers le protocole africain relatif aux droits de la femme, à travers la déclaration solennelle des chefs d’Etat.
Aujourd’hui, nous sommes en train de vouloir lancer la décennie de la femme africaine 2010- 2020 pour pouvoir mettre en œuvre tous ces engagements dont l’application est tout autre chose. Nous avons la chance d’avoir ces instruments, mais maintenant quelle stratégie il faut adopter et par quel mécanisme il faut évaluer nos Etats par rapport à l’application de ses instruments.
A cet effet, je peux sans risque de me tromper, affirmer que le bilan n’est pas très positif, mais il n’est pas non plus négatif. Même s’il est mitigé, on a de l’espoir.
Fatoumata Mah Thiam KONE
30 Juillet 2010.
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